• Éditions Beya
  • volume n°8
  • 16 x 23 cm
  • 232 pages
  • ISBN : 978-2-9600575-1-5
  • couverture cartonnée cousue
  • illustrations en noir et blanc : 2
  • parution : octobre 2007

Jean d'Espagnet

LA PHILOSOPHIE NATURELLE RÉTABLIE EN SA PURETÉ

suivi de L'OUVRAGE SECRET DE LA PHILOSOPHIE D'HERMÈS

Traduction réalisée par Jean Bachou en 1651

Présentation

L’œuvre du président d’Espagnet compte parmi les classiques européens de l’alchimie de l’époque moderne. Jean d’Espagnet (1564 - ap. 1638 ?), fils d’un médecin de Saint-Émilion, était un magistrat bordelais qui parvint à atteindre, sans doute sous la protection d’Henri IV ou de son entourage, d’importantes charges d’État. D’abord avocat, puis président à mortier au Parlement de Bordeaux, il fut sinon le collègue, du moins l’ami de Montaigne. Membre du Conseil du roi, collaborateur distant de Pierre de Lancre dans la chasse aux sorciers du pays de Labourd (1609), il se retira des affaires publiques à partir de 1616 ou 1617 pour mieux se consacrer aux lettres, à l’alchimie et à la philosophie naturelle. Il semble avoir fréquenté par la suite, en compagnie de son fils Étienne d’Espagnet (né vers 1596), les cercles scientifiques des années 1620-1630. Il vivait encore, semble-t-il, en 1638.

Le présent ouvrage n’avait jamais connu de réédition intégrale depuis sa parution en 1651, car la version française de J. Lefebvre-Desagues, parue en 1972 et depuis longtemps épuisée, n’était qu’une traduction partielle. Voici donc dans son intégralité la traduction française, réalisée par un lettré de l’époque, Jean Bachou, des deux traités que d’Espagnet fit paraître anonymement en 1623 : l’Enchiridion physicæ restitutæ (La Philosophie naturelle rétablie en sa pureté) et l’Arcanum Hermeticæ Philosophiæ opus (Traité de l'ouvrage secret de la philosophie d’Hermès), suivis de la figure commentée du Zodiaque des philosophes, ajoutée à l’Arcanum en 1638 par un amateur d’alchimie demeuré anonyme (peut-être sur les indications de d’Espagnet lui-même). On y trouvera en outre les poèmes latins des éditions de 1623 et 1638, traduits par Didier Kahn dans les annexes de sa préface à l’ensemble de l’ouvrage.

Recension(s)

 

L’Ame du monde, point et cercle de convergence du sacré et de l’écologie.

Itinérances bibliographiques.

Mohammed Taleb, le 21.09.2013

 

(Extrait)

L’alchimiste bordelais Jean d’Espagnet (1564-1637) a consacré de nombreux passages de ses œuvres, La philosophie naturelle rétablie en sa pureté, et L’ouvrage secret de la philosophie d’Hermès, à l’Ame du monde. Rappelant que celui qui ignore l’Ame du monde ignore les lois de la nature (canon 5), Jean d’Espagnet souligne que cette âme est « esprit de feu et de lumière », « feu invisible » (canon 7), « feu de la nature résidant dans le soleil » (canon 86)[1]. Ces deux livres ont été réunis en un seul volume aux éditions Beya.

 

L’universalité de la cabale

Cela nous donne l’occasion de parler maintenant de cet éditeur belge qui, depuis sa création aux débuts des années 2000, se consacre au labeur de rendre accessible les grandes œuvres dédiées à l’Un, à l’Intellect, à l’Ame du monde (anima mundi), à l’Esprit du monde (spiritus mundi), au Corps du monde (corpus mundi). Ces œuvres sont en grande partie enracinées dans la « cabale chymique ». Les éditions Beya « proposent tantôt des textes, originaux français ou traductions, encore méconnus ou devenus inaccessibles, méritant une édition ou une réédition. Des auteurs dont la réputation de cabaliste ou d'alchymiste n'est plus à faire ou au contraire, qui demandent à être exhumées et réhabilitées; ou encore, un ensemble d'articles sur un thème propre à la cabale et à l'alchymie.»[2]. L’un des collaborateurs de Beya, Stéphane Feye, avec sa très grande érudition et sa connaissance des langues et des philosophies anciennes, a clairement mis en évidence l’universalité de la cabale qui n’est pas monopolisé par le judaïsme médiévale, comme le prétendent de nombreux historiens :

« Comme le mot vient de l’hébreu, on a voulu voir dans la cabale une doctrine spécifiquement juive, qui se serait développée surtout au Moyen Âge. S’il est exact que de nombreux sages hébreux ont été possesseurs de la cabale, et se sont dit cabalistes (meqoubalim), il faut savoir que celle-ci est universelle et qu’il n’y a pas seulement une cabale juive. Tout homme qui, depuis Adam, a reçu la communication de l’objet dont nous parlons, est un cabaliste, quelle que soit la nation dont il est issu ou la tradition religieuse dans laquelle il a été instruit. En revanche, tout homme qui n’a pas reçu physiquement cet objet ne peut absolument pas se dire cabaliste, quelle que soit son appartenance sociale ou ses études. C’est ainsi qu’on peut certes parler d’une cabale pythagoricienne, chrétienne ou musulmane, et bien évidemment aussi d’une cabale juive. Mais l’objet transmis est cependant toujours le même ; seuls ses vêtements changent selon les lieux, les temps, les langues et les peuples[3]

 


[1] Jean d’Espagnet, La philosophie naturelle rétablie en sa pureté suivi de L'ouvrage secret de la philosophie d'Hermès, éditions Beya, 2007.

[2] Présentation sur le site : www.editionsbeya.com

[3] Stéphane Feye, Cabale et hermétisme, 2007. Consulté sur le site : www.editionsbeya.com/dev/application/files/6314/9678/9475/001CONF01LUX.pdf


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