• Éditions Beya
  • volume n°15
  • 16 x 23 cm
  • 307 pages
  • ISBN : 978-2-930729-00-8
  • couverture cartonnée cousue
  • illustrations en noir et blanc : 1
  • parution : avril 2014

Jean Reuchlin

LE VERBE QUI FAIT DES MERVEILLES

Introduction, traduction et notes de Hans van Kasteel

Présentation

Jean Reuchlin naît en 1455 à Pforzheim. Il étudie le latin, le grec, l’hébreu, ainsi que le droit. Hôte de Laurent de Médicis, il se lie d’amitié avec Ficin, Landini, Politien, Pic de la Mirandole. Il est reçu par l’empereur Frédéric iii et par le futur empereur Maximilien ier. À partir de 1509, en défendant la littérature traditionnelle juive, Reuchlin est victime de multiples attaques qui culminent dans une citation à comparaître devant le tribunal de l’Inquisition. Ce n’est qu’en 1520 que l’affaire connaît pour lui un heureux dénouement. Il meurt en 1522.

Le De Verbo mirifico date de 1494. Reuchlin y relate, en trois livres, une discussion amicale qui s’étend sur trois jours et à laquelle participent trois personnes : le païen Sidonius, le juif Baruchias et le chrétien Capnion, qui n’est autre que Reuchlin lui-même. Le débat porte sur la notion de « science », sur les mots, noms ou paroles magiques, aux effets miraculeux, en particulier sur les mots hébreux sacrés, enfin sur les mystères du Verbe, de la Trinité, du Christ et du nom de Jésus.

On trouvera dans le De Verbo mirifico un témoignage révélé, c’est-à-dire revoilé, de la scientia perennis, appuyé d’une connaissance précise des textes des philosophes grecs, de la littérature cabalistique juive, des commentaires des Pères, et bien sûr des Saintes Écritures. Reuchlin cherche avant tout à mettre en évidence, d’une manière qui force l’admiration, l’unité profonde qui se dégage des différents types d’enseignements, d’écrits et d’écoles suscités par les Maîtres du savoir. On ne trouvera chez lui aucune trace de sectarisme, voire de christianisme faussement triomphateur. La vérité se trouve nécessairement partout où elle a été communiquée, quel qu’en soit le mode d’expression.

Recension(s)

Philosophe, théologien d’origine allemande, Jean ou Johannes Reuchlin (1455-1522), fut l’un des premiers européens hébraïsant à défendre la valeur de l’hébreu et de la kabbale dans un contexte chrétien, au point d’être inquiété par les Dominicains et par l’Inquisition, qui le condamnera en 1513 pour avoir refusé de brûler des livres juifs. Le pape Léon X et le Ve concile de Latran s’en mêleront jusqu’à prendre sa défense. En 1516, il deviendra Frère convers de l’Ordre des Augustins, sera ordonné prêtre, fuira la peste, sera finalement acquitté en 1520, avant de revenir à Tübingen, en 1521, où il s’engagera dans le dernier combat de sa vie terrestre, contre la réforme de Luther.

Admirateur de Pic de la Mirandole, Reuchlin s’est évertué à montrer les fondements mystiques et théologiques des Oracles chaldaïques et de la kabbale chrétienne. Après l’avoir traduite du latin, François Secret a rendu accessible son œuvre la plus fameuse : De arte cabalistica (De l’art kabbalistique, 1517), qu'il a publiée sous le titre : La kabbale, (Aubier-Montaigne, 1973 ; nouv. éd., Archè, 1995).  

Voici que les Editions Beya tirent aujourd’hui de l’ombre une autre œuvre majeure de Reuchlin : De verbo mirifico (1494), avec une introduction, des notes et dans une traduction de Hans van Kasteel : Jean Reuchlin, Le Verbe qui fait des merveilles Éditions Beya, 2014). Reuchlin y consigne en trois livres les échanges entre un païen nommé Sidonius, un Juif nommé Baruchias et un chrétien du nom de Capnion, qui n’est pas sans rappeler l’auteur lui-même.

De Verbo mirifico ouvre un débat nouveau sur la notion de « science », mais surtout sur la question essentielle des mots, des noms et des paroles aux effets réputés miraculeux. En l’espèce, souligne Reuchlin, les mots sacrés hébreux ont un sens, une force, une puissance particulière.

Enfin, sa connaissance précise de l’Ecriture, des philosophes grecs, de la littérature juive et de l’exégèse des Pères permet à Jean Reuchlin de défendre la primauté des mystères du Verbe, de la Trinité, du Christ et tout particulièrement du nom de Jésus dont il est un des tous premiers occidentaux à relever la valeur mystérique. Son invention de l’orthographe, que d’aucuns jugeront fantaisiste, du Nom de Jésus, où la lettre Shin s’insère dans le Tétragramme, connaîtra un succès considérable, qui dépassera largement le contexte de la kabbale chrétienne dont Reuchlin est l’un des fondateurs.

Plus de quarante ans après François Secret, qui nous avait rendu accessible son Art kabbalistique, Hans van Kasteel et les Editions Beya, permettent à chacun de lire le texte originel de l’une des œuvres fondamentales de l’un des fondateurs de la kabbale chrétienne.

S. C.

Publié il y a  par Serge Caillet

 

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Bulletin d'histoire des ésotérismes

Revue des Sciences philosophiques et théologiques

Jérôme ROUSSE-LACORDAIRE


2014/2 (Tome 98) p. 392
 

Une traduction d’un important texte de kabbale chrétienne est parue.

Le De Verbo  mirifico de Jean REUCHLIN, due à Hans VAN KASTEEL est, dès son titre, Le Verbe qui fait des merveilles de belle facture, bien que l’on puisse regretter quelques flottements ou approximations de traduction, non seulement à propos de mirificus (rendu p. 11 et 169 par « miraculeux » et, plus exactement, p. 171 et 208, par « qui fait des merveilles »), mais, encore, notamment de spiraculum (rendu, étrangement p. 48, par « soupirail » et, p. 167 et 223, par « souffle »), de intellectus agens et potestitativus agens (traduit, respectivement, p. 58 par « l’intellect en acte » et par « intellect, en puissance, agissant »), d’influxus (traduit, p. 61, d’abord par « influence » puis par « influx »), de praestigium (traduit, p. 84, 91, 98 et 125, par « prestige », alors que, judicieusement, p. 137, praestigiosus est rendu par « illusoire »), de verbum (traduit, p. 108, d’abord par « mot » puis par « parole »), de spiritus inclusus (traduit, p. 120, par « souffle enfermé » et, p. 134, par « esprit enclos »), de formantur (traduit, p. 125, par « ils ont été formulés »), de numeratio (traduit, p. 155, par « numérotation »), de portentum (traduit, p. 202, par « merveille », p. 226, par « présage », tandis que portentificum est rendu, p. 271, par « qui fait des miracles »), de nuncius (traduit, p. 205, par « message »), d’aemulator (traduit, p. 229, par « d’émulation » et, p. 229, par « pourvu d’émulation ») ; quelques erreurs d’hébreu ou de grec (p. 199, dans Innon, un het est mis pour un yod ; p. 212, homoousia est écrit homousia) ; etc.

Signalons encore que quelques mots ont été oubliés (p. 45, « Il descendit per nubem vers lui » ; p. 215, « dont ils ont & humaniter partagé la table » ; p. 272, « aux devins, magos, aux prêtres ») et que certaines sources n’ont pas été repérées (p. 109, § 3, Pic, Conclusiones 9 > 22 ; p. 111, § 3, Jamblique, De myst. VII, 5 ; p. 113, Asclepius 23 et 37 ; p. 136, § 2, 1 Co 8, 11 ; p. 156, § 5, Ex 31, 18 ; p. 203, dernier §, Ps 148, 4 et 8 ; p. 205, § 2, Lactance, Div. inst. IV, 7, 3 ; p. 218, dernier §, Pic, Heptaple ; p. 229, § 4, Platon, Rép. VI, 508c ; p. 233, Boèce, Contre Eutychès VII, Symbole Quicumque, Latran IV ; p. 234, § 4, Nicée I « Expositio fidei » ; p. 235, § 5, Col. 2, 3 ; p. 236, dernier §, Credo et « De fide catholica » de Latran IV ; p. 237, § 2, Ps 22, 7 ; p. 251, dernier §, Ph 2, 9 ; p. 265, dernier §, Ph 2, 6-7 ; p. 284, § 6, Ap 4, 12). Si nous mentionnons, sans prétendre à l’exhaustivité, ces quelques insuffisances, généralement mineures, c’est que cette traduction mérite amplement la lecture et donne enfin au lecteur non latiniste accès à ce premier texte majeur du grand kabbaliste chrétien que fut Reuchlin et dont nous ne disposions jusqu’alors, en traduction française, que du De arte cabalistica par François Secret (Paris, Aubier-Montaigne, 1973 ; Milan, Archè, 1995).

 

 

 

 

 


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