• Éditions Beya
  • volume n°15
  • 16 x 23 cm
  • 307 pages
  • ISBN : 978-2-930729-00-8
  • couverture cartonnée cousue
  • illustrations en noir et blanc : 1
  • parution : avril 2014

Jean Reuchlin

LE VERBE QUI FAIT DES MERVEILLES

Introduction, traduction et notes de Hans van Kasteel

ebook9,99 €
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Jean Reuchlin naît en 1455 à Pforzheim. Il étudie le latin, le grec, l’hébreu, ainsi que le droit. Hôte de Laurent de Médicis, il se lie d’amitié avec Ficin, Landini, Politien, Pic de la Mirandole. Il est reçu par l’empereur Frédéric III et par le futur empereur Maximilien Ier. À partir de 1509, en défendant la littérature traditionnelle juive, Reuchlin est victime de multiples attaques qui culminent dans une citation à comparaître devant le tribunal de l’Inquisition. Ce n’est qu’en 1520 que l’affaire connaît pour lui un heureux dénouement. Il meurt en 1522.

Le De Verbo mirifico date de 1494. Reuchlin y relate, en trois livres, une discussion amicale qui s’étend sur trois jours et à laquelle participent trois personnes : le païen Sidonius, le juif Baruchias et le chrétien Capnion, qui n’est autre que Reuchlin lui-même. Le débat porte sur la notion de « science », sur les mots, noms ou paroles magiques, aux effets miraculeux, en particulier sur les mots hébreux sacrés, enfin sur les mystères du Verbe, de la Trinité, du Christ et du nom de Jésus.

On trouvera dans le De Verbo mirifico un témoignage révélé, c’est-à-dire revoilé, de la scientia perennis, appuyé d’une connaissance précise des textes des philosophes grecs, de la littérature cabalistique juive, des commentaires des Pères, et bien sûr des Saintes Écritures. Reuchlin cherche avant tout à mettre en évidence, d’une manière qui force l’admiration, l’unité profonde qui se dégage des différents types d’enseignements, d’écrits et d’écoles suscités par les Maîtres du savoir. On ne trouvera chez lui aucune trace de sectarisme, voire de christianisme faussement triomphateur. La vérité se trouve nécessairement partout où elle a été communiquée, quel qu’en soit le mode d’expression.

Table des matières


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  .. VII

LE VERBE QUI FAIT DES MERVEILLES . . . . . . . . . . . . . . . . . .  .. 3

Lettre de recommandation
de Conrad Leontorius de Maulbronn . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . 5

Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . ... . . 9

LIVRE I . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Chapitre premier . . . . . . . . . . . . .... . . . . . . . . . . . . . 13
Sidonius raconte ses propres origines,
Puis celles des habitants de Pforzheim.
Selon lui, les régions rudes et montagneuses peuvent
donner naissance à une race excellente . . . . . . . . . . . . . .. . . 13

Chapitre II . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Il explique la raison de sa venue, donne son avis
sur la vertu, sur la loi et sur la métaphysique ;
et quelques mots sur les choses merveilleuses . . . . . . . . . . . . . 20

Chapitre III . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . 29
Après avoir fait l’éloge de Sidonius,
Baruchias se met aussitôt à réfuter ses propos ;
il attire d’abord la bienveillance en louant les autres
et en rabaissant sa propre personne . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

Chapitre IV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
Énumération des différentes opinions des philosophes
sur le premier principe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

Chapitre V . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . 38
Baruchias prouve la vérité de son opinion au sujet du premier être,
en montrant qu’il ne faut rien chercher de stable dans les choses
périssables d’ici-bas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

Chapitre VI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
Sidonius s’efforce une nouvelle fois de défendre
son opinion d’épicurien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46

Chapitre VII . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . . . . . . . . . 48
Réfractaire, Baruchias affirme qu’il faut exécrer
et maudire la pensée d’épicure . . . . . . . . . . ........ . . . . . . 48

Chapitre VIII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
Capnion invite à laisser là les invectives.
Il fait d’abord l’éloge de ses deux compagnons.
à leur instigation, enfin, il se met à discuter sur la science . . . .  50

Chapitre IX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
Le nom de « science » a différentes acceptions.
Développement sur les deux natures.
Les choses humaines ne sont pas objet de science mais d’opinion.
L’objet de la raison et de la pensée.
Les causes première et seconde . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . 56

Chapitre X . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . 59
De quelle manière Dieu et l’homme s’unissent-ils ?
Réfutation de la pensée d’Épicure selon laquelle le loisir
de la divinité serait son bonheur suprême,
et son influence, une charge pénible.
On prouve qu’il y a un Dieu, et qu’il gouverne tout . . . . . . . . . . 59

Chapitre XI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
On flétrit Lucrèce selon lequel les voeux rebutent Dieu.
Ce qu’il nous invite à demander dans nos prières.
On enseigne ce qui lie à Dieu. L’unité . . . . . . . . . . . . . .. . . 63

Chapitre XII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . 66
Sidonius désire entendre la suite, et Baruchias aussi.
Selon ce dernier, il n’est rien que l’on ne fasse pour le gain . . . .  66

Chapitre XIII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
Capnion réfute l’opinion de Baruchias, en montrant que
les philosophes ont cherché le secours de la doctrine juive . . . . . . 69

Chapitre XIV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . 72
Sidonius approuve la pensée de Capnion.
Sur le rejet du peuple juif et l’élection des chrétiens . . . . . . . . 72

Chapitre XV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Tous deux pressent Capnion de poursuivre.
Ils désirent être instruits par lui.
Il les mène à la connaissance de Dieu . . . . . . . . . . . . . . . . . 73

Chapitre XVI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . 75
Sidonius reprend une à une les règles formulées
par Capnion au chapitre précédent, et les confirme
par l’autorité des cérémonies antiques . . . . . . . . . . . . . . . .  75

Chapitre XVII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
Selon Baruchias, il ne faut pas adopter toutes les doctrines
des temps anciens.
Ceux qui étaient d’un autre avis que le peuple, les philosophes
et les prophètes, furent condamnés à mort.
Il se soumet, lui aussi, aux conditions de Capnion . . . . . . . . . .  81

Chapitre XVIII. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
Sidonius montre la vanité de ce qu’on rapporte
sur les livres magiques d’Énoch et de Salomon . . . . . . . . . . . . . 83

Chapitre XIX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . 85
Capnion remet son discours au lendemain,
ce à quoi les autres consentent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85 

LIVRE II . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . . . . . . . . 87
Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87

Chapitre premier. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
Pour commencer, Sidonius accumule
dans son discours nombre de choses ayant trait à la magie.
Il conclut qu’elles sont vaines et dangereuses . . . . . . . . . . . .  87

Chapitre II . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . .  93
Capnion couvre Sidonius d’éloges, puis s’excuse.
Ensuite, il s’étend sur trois genres de miracles
qu’il rejette comme vains.
Enfin, il invoque Dieu solennellement . . . . . . . . . . . . . . . . . 93

Chapitre III . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . 96
Il est prouvé que les miracles se font par le verbe
et par la volonté de Dieu seul . . . . . . . . . . . . . . . . . . .... 96

Chapitre IV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
Sidonius ne comprend pas encore les dires de Capnion.
C’est pourquoi il l’accuse d’inconstance.
Ensuite, il emprunte des exemples aux historiens
tant profanes que sacrés,
pour montrer que les miracles nous concernent . . . . . . . . . . . . . 99

Chapitre V . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
Baruchias affaiblit les critiques de Sidonius.
Il montre et prouve, par des autorités,
que les dires de Capnion sont vrais. à la fin de sa réponse,
Baruchias trahit son appartenance . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 102

Chapitre VI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . . 105
L’association de la pensée divine et de la pensée humaine.
À quel point Dieu se réjouit d’être avec l’homme.
Rien ne se fait en dehors de ses décisions.
Il est appelé aussi lÒgoj . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . 105

Chapitre VII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
L’ancienneté de la langue hébraïque.
Le premier à avoir transmis les lettres de l’alphabet.
Théorie sur Moïse, le plus ancien de tous les auteurs.
La traduction des Septante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110

Chapitre VIII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . 113
Le Dieu un et vrai. Les autres dieux forgés par les hommes.
Les mots barbares impliqués dans les sacrifices,
et leur justification . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . 113

Chapitre IX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . . . 119
Sidonius confirme ce qui précède.
Il traite de la voix, de la parole, de la raison et du concept
de l’âme ............................................................. 119

Chapitre X. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . 122
Ce qui est sacré. Les différents sens de ce mot . . . . . . . . . . .  122

Chapitre XI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . 126
Un très grand nombre d’expressions et de locutions
hébraïques contenues dans le Nouveau Testament trouvent ici
leur explication selon le vrai sens en hébreu, et par comparaison
avec des exemples tirés de l’Ancien Testament . . . . . . . . . . . .  126 

Chapitre XII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . .133
Sidonius et Capnion admirent l’érudition dont ils ont entendu
Baruchias faire preuve à propos de l’Écriture divine.
Capnion répond à la question soulevée par Baruchias
à propos des mots hébreux éparpillés dans les saintes Écritures . .... 133

Chapitre XIII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . 135
Personne ne connaît Dieu et son intention,
excepté son propre esprit et celui à qui cela a été révélé.
La manière dont se font les miracles . . . . . . . . . . . . . . . . . 135

Chapitre XIV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . .. 137
Les noms de Dieu. Leur nombre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  137

Chapitre XV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . 140
Le nom hyha. Sidonius raconte l’histoire de Simonide . . . . . . . . . 140

Chapitre XVI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
Sur le nom avh et >a . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143

Chapitre XVII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . . 150
Capnion répète brièvement ce qui vient d’être dit
et y apporte de l’ordre.
Ensuite, Sidonius explique les noms grecs des dieux . . . . . . . . .  150

Chapitre XVIII. . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . . . . 152
Sur hmkx et oÙs…a, et plusieurs autres noms de Dieu . . . . . . . . .  152

Chapitre XIX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162
Sur le nom tétragramme hvhy . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . 162

Chapitre XX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . . 166
Capnion pose une question sur le Dieu jadis inconnu.
Baruchias lui répond à la manière des dialecticiens.
Ensuite, il poursuit le discours qu’il a commencé . . . . . . . . .  . 166

Chapitre XXI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . .  . 174
L’échelle de Jacob et ses degrés.
LXXII versets qui contiennent le nom de Dieu . . . . . . . . . . . .   174

Chapitre XXII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . .   184
Sidonius montre que la pensée des Grecs et des païens
concorde et s’adapte au nom tétragramme de Dieu . . . . . . . . . . .  184

Chapitre XXIII. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . .   187
Les quatre lettres du nom hvhy, les figures géométriques
des caractères, et les formes arithmétiques des nombres . . . . . . .. 187

LIVRE III. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .   201
Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . .   201

Chapitre premier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ... . .   201
Sidonius et Baruchias sont très désireux d’entendre Capnion.
Ils l’exhortent donc à s’acquitter de sa promesse
au sujet du Verbe qui fait des merveilles . . . . . . . . . . . . . .  201

Chapitre II . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . .   202
La foi. Le Verbe qui dit et qui est proféré, chef
et cause de toutes choses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..   202 

Chapitre III . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .   207
Le Fils unique de Dieu, Jésus-Christ.
Le sein du Père. La main. Le discours . . . . . . . . . . . . . . . .  207

Chapitre IV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . .   213
Trois miracles dans le signe de la conception.
Trois états dans le Verbe de Dieu.
Quelques remarques sur la Trinité . . . . . . . . . . . . . . . . . .  213

Chapitre V . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219
Les poètes. Le premier et le second homme.
La création du jour, de la lumière, de la nuit . . . . . . . . . . . . 219

Chapitre VI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  227
La triple répartition des noms attribués à Dieu . . . . . . . . . . .  227

Chapitre VII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . .  229
Les noms attribués à Dieu par ressemblance . . . . . . . . . . . . . . 229

Chapitre VIII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . .   232
Ce qu’il faut croire au sujet du Père, du Fils et de l’Esprit Saint .  232

Chapitre IX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . .   237
Sidonius récite le grand nombre des dieux et déesses païens.
Ensuite, Baruchias est anxieux de savoir quel nom de Dieu
il doit choisir.
C’est pourquoi les deux demandent à Capnion de poursuivre . . . ...... 237

Chapitre X. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  239
Seule la toute-puissance de Dieu opère des miracles.
Quelques figures. Le fameux nom qui fait des merveilles :
comment on l’a connu et comment il faut s’en servir . . . . . . . . .  239

Chapitre XI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  246
Autres noms de Dieu.
Énumération de presque toutes les oeuvres du Christ.
Le Messie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  246

Chapitre XII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . .  250
Le nom de Jésus.
Les lettres hvhy dans lesquelles est inséré le >, Schin . . . . . . .  250

Chapitre XIII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  256
Les états du monde.
La notion arithmétique du nom de Dieu . . . . . . . . . . . . . . . .  256

Chapitre XIV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 261
Autres sauveurs avec qui ce nom ne cadre pas . . . . . . . . . . . . . 261

Chapitre XV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . . 266
L’écriture et l’abréviation du nom hv>hy . . . . . . . . . . . . . . . 266

Chapitre XVI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 269
Récapitulation de ce qui précède.
Les miracles faits au moyen du nom de Jésus . . . . . . . . . . . . .  269

Chapitre XVII . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . 277
Les miracles de Paul. Ses voyages . . . . . . . . . . . . . . . . . .  277

Chapitre XVIII. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . 278
Le divin Jean l’Évangéliste. Les miracles qu’il fit . . . . . . . . .  278 

Chapitre XIX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 282
Les caractères qui permettent d’invoquer la toute-puissance divine.
Il n’y en eut que trois au temps de la nature ;
quatre au temps de la loi ; cinq au temps de la grâce . . . . . . . .  282

Chapitre XX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . 287
Il n’y a pas de Christ sans croix . . . . . . . . . . . . . . . . .  . 287

INDEX DES CITATIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  291

 

 

 

 

Recension(s)

Compe-rendu d'Odile Dapsens (Université d’Orléans - Université Catholique de Louvain)

dans la Revue d'Histoire Ecclésiastique, n° 113/3-4 (2018), pp. 1070-1071. 

van Kasteel, Hans, Reuchlin, Le Verbe qui fait des Merveilles, Grez-Doiceau, Beya, 2014, 308 p., ISBN : 978-2-930729-00-8.

www.brepolsonline.net/toc/rhe/2018/113/3-4 

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Compte-rendu publié par Serge Caillet

Philosophe, théologien d’origine allemande, Jean ou Johannes Reuchlin (1455-1522), fut l’un des premiers européens hébraïsant à défendre la valeur de l’hébreu et de la kabbale dans un contexte chrétien, au point d’être inquiété par les Dominicains et par l’Inquisition, qui le condamnera en 1513 pour avoir refusé de brûler des livres juifs. Le pape Léon X et le Ve concile de Latran s’en mêleront jusqu’à prendre sa défense. En 1516, il deviendra Frère convers de l’Ordre des Augustins, sera ordonné prêtre, fuira la peste, sera finalement acquitté en 1520, avant de revenir à Tübingen, en 1521, où il s’engagera dans le dernier combat de sa vie terrestre, contre la réforme de Luther.

Admirateur de Pic de la Mirandole, Reuchlin s’est évertué à montrer les fondements mystiques et théologiques des Oracles chaldaïques et de la kabbale chrétienne. Après l’avoir traduite du latin, François Secret a rendu accessible son œuvre la plus fameuse : De arte cabalistica (De l’art kabbalistique, 1517), qu'il a publiée sous le titre : La kabbale, (Aubier-Montaigne, 1973 ; nouv. éd., Archè, 1995).  

Voici que les Editions Beya tirent aujourd’hui de l’ombre une autre œuvre majeure de Reuchlin : De verbo mirifico (1494), avec une introduction, des notes et dans une traduction de Hans van Kasteel : Jean Reuchlin, Le Verbe qui fait des merveilles Éditions Beya, 2014). Reuchlin y consigne en trois livres les échanges entre un païen nommé Sidonius, un Juif nommé Baruchias et un chrétien du nom de Capnion, qui n’est pas sans rappeler l’auteur lui-même.

De Verbo mirifico ouvre un débat nouveau sur la notion de « science », mais surtout sur la question essentielle des mots, des noms et des paroles aux effets réputés miraculeux. En l’espèce, souligne Reuchlin, les mots sacrés hébreux ont un sens, une force, une puissance particulière.

Enfin, sa connaissance précise de l’Ecriture, des philosophes grecs, de la littérature juive et de l’exégèse des Pères permet à Jean Reuchlin de défendre la primauté des mystères du Verbe, de la Trinité, du Christ et tout particulièrement du nom de Jésus dont il est un des tous premiers occidentaux à relever la valeur mystérique. Son invention de l’orthographe, que d’aucuns jugeront fantaisiste, du Nom de Jésus, où la lettre Shin s’insère dans le Tétragramme, connaîtra un succès considérable, qui dépassera largement le contexte de la kabbale chrétienne dont Reuchlin est l’un des fondateurs.

Plus de quarante ans après François Secret, qui nous avait rendu accessible son Art kabbalistique, Hans van Kasteel et les Editions Beya, permettent à chacun de lire le texte originel de l’une des œuvres fondamentales de l’un des fondateurs de la kabbale chrétienne.

S. C.

Publié il y a  par Serge Caillet

 

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Bulletin d'histoire des ésotérismes

Revue des Sciences philosophiques et théologiques

Jérôme ROUSSE-LACORDAIRE


2014/2 (Tome 98) p. 392
 

Une traduction d’un important texte de kabbale chrétienne est parue.

Le De Verbo  mirifico de Jean REUCHLIN, due à Hans VAN KASTEEL est, dès son titre, Le Verbe qui fait des merveilles de belle facture, bien que l’on puisse regretter quelques flottements ou approximations de traduction, non seulement à propos de mirificus (rendu p. 11 et 169 par « miraculeux » et, plus exactement, p. 171 et 208, par « qui fait des merveilles »), mais, encore, notamment de spiraculum (rendu, étrangement p. 48, par « soupirail » et, p. 167 et 223, par « souffle »), de intellectus agens et potestitativus agens (traduit, respectivement, p. 58 par « l’intellect en acte » et par « intellect, en puissance, agissant »), d’influxus (traduit, p. 61, d’abord par « influence » puis par « influx »), de praestigium (traduit, p. 84, 91, 98 et 125, par « prestige », alors que, judicieusement, p. 137, praestigiosus est rendu par « illusoire »), de verbum (traduit, p. 108, d’abord par « mot » puis par « parole »), de spiritus inclusus (traduit, p. 120, par « souffle enfermé » et, p. 134, par « esprit enclos »), de formantur (traduit, p. 125, par « ils ont été formulés »), de numeratio (traduit, p. 155, par « numérotation »), de portentum (traduit, p. 202, par « merveille », p. 226, par « présage », tandis que portentificum est rendu, p. 271, par « qui fait des miracles »), de nuncius (traduit, p. 205, par « message »), d’aemulator (traduit, p. 229, par « d’émulation » et, p. 229, par « pourvu d’émulation ») ; quelques erreurs d’hébreu ou de grec (p. 199, dans Innon, un het est mis pour un yod ; p. 212, homoousia est écrit homousia) ; etc.

Signalons encore que quelques mots ont été oubliés (p. 45, « Il descendit per nubem vers lui » ; p. 215, « dont ils ont & humaniter partagé la table » ; p. 272, « aux devins, magos, aux prêtres ») et que certaines sources n’ont pas été repérées (p. 109, § 3, Pic, Conclusiones 9 > 22 ; p. 111, § 3, Jamblique, De myst. VII, 5 ; p. 113, Asclepius 23 et 37 ; p. 136, § 2, 1 Co 8, 11 ; p. 156, § 5, Ex 31, 18 ; p. 203, dernier §, Ps 148, 4 et 8 ; p. 205, § 2, Lactance, Div. inst. IV, 7, 3 ; p. 218, dernier §, Pic, Heptaple ; p. 229, § 4, Platon, Rép. VI, 508c ; p. 233, Boèce, Contre Eutychès VII, Symbole Quicumque, Latran IV ; p. 234, § 4, Nicée I « Expositio fidei » ; p. 235, § 5, Col. 2, 3 ; p. 236, dernier §, Credo et « De fide catholica » de Latran IV ; p. 237, § 2, Ps 22, 7 ; p. 251, dernier §, Ph 2, 9 ; p. 265, dernier §, Ph 2, 6-7 ; p. 284, § 6, Ap 4, 12). Si nous mentionnons, sans prétendre à l’exhaustivité, ces quelques insuffisances, généralement mineures, c’est que cette traduction mérite amplement la lecture et donne enfin au lecteur non latiniste accès à ce premier texte majeur du grand kabbaliste chrétien que fut Reuchlin et dont nous ne disposions jusqu’alors, en traduction française, que du De arte cabalistica par François Secret (Paris, Aubier-Montaigne, 1973 ; Milan, Archè, 1995).

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JEAN REUCHLIN OU LA CONVERGENCE METAPHYSIQUE DE LA RELIGION ET DE LA PHILOSOPHIE

 

Compte rendu par Mohammed Taleb

 

Le Verbe qui fait des merveilles, Jean Reuchlin, Editions Beya, 2014, 328 pages, couverture cartonnée cousue, 16 x 23 cm

Numéroté « 15 », ce nouveau titre de la maison d'édition belge Beya vient confirmer le rôle d'éveilleur qu'elle tient dans le domaine des études philosophiques, et, singulièrement, celles qui se rapportent aux études hermético-alchimiques et paracelsiennes. Nous sommes, ici, au cœur d'un ésotérisme de haute volée, situé à mille lieux de la production moderne. Le Verbe qui fait des merveilles, qui rend en français le De Verbo mirifico, a été introduit, traduit du latin et annoté par Hans van Kasteel, dont il faut louer le travail soigné.

Qui est  Jean Reuchlin (1455-1522) ? Cet Allemand, né Pforzheim, a été un maître dans les humanités de son temps, étudiant la grammaire et la rhétorique, la philosophie, le droit et la théologie, le grec, l'hébreu et l'araméen. Sa quête de sens le conduit dans une amitié intellectuelle et spirituelle avec Pic de la Mirandole, Marsile Ficin, Jean Trithème. Après un périple dans plusieurs régions d'Allemagne, en France et en Italie, il sera, un temps, juge à la cour de Souabe. A partir de 1509, il est la cible de l'Inquisition, car il a pris la défense de la littérature traditionnelle juive menacée d'interdiction. Cette polémique durera onze ans, et se soldera par une clôture de l'affaire en sa faveur.

Philosophiquement, Jean Reuchlin s'inscrit clairement dans le courant du néoplatonisme, et Hans van Kasteel, dans son introduction, nous apprend qu'il est un « cabaliste chrétien » (p. XI). Qu'est-ce à dire ? Il est nécessaire de comprendre, ici, le sens de la « cabale », pour mieux saisir les lignes de force philosophiques qui structurent Le Verbe qui fait des merveilles. L'un des collaborateurs de Beya Editions, Stéphane Feye, avec sa très grande érudition, et sa connaissance des langues et des philosophies anciennes, a clairement mis en évidence l'universalité de la cabale qui n'est pas monopolisée par le judaïsme médiéval, ainsi que le prétendent de nombreux historiens. « Comme le mot vient de l’hébreu, on a voulu voir dans la cabale une doctrine spécifiquement juive, qui se serait développée surtout au Moyen Âge. S’il est exact que de nombreux sages hébreux ont été possesseurs de la cabale, et se sont dit cabalistes (meqoubalim), il faut savoir que celle-ci est universelle et qu’il n’y a pas seulement une cabale juive. Tout homme qui, depuis Adam, a reçu la communication de l’objet dont nous parlons, est un cabaliste, quelle que soit la nation dont il est issu ou la tradition religieuse dans laquelle il a été instruit. En revanche, tout homme qui n’a pas reçu physiquement cet objet ne peut absolument pas se dire cabaliste, quelle que soit son appartenance sociale ou ses études. C’est ainsi qu’on peut certes parler d’une cabale pythagoricienne, chrétienne ou musulmane, et bien évidemment aussi d’une cabale juive. Mais l’objet transmis est cependant toujours le même ; seuls ses vêtements changent selon les lieux, les temps, les langues et les peuples ».

Jean Reuchlin enracine sa conception du monde dans le christianisme. Mais, on ne dira jamais assez à quel point celle-ci réserve un accueil favorable à l'égard des vérités qui viennent d'ailleurs. C'est tout le sens de ce livre rédigé en 1494. La date, pour nous, est importante, et éminemment symbolique. Deux ans auparavant, Grenade tombait, mettant fin à la civilisation arabo-musulmane de l'Andalousie, qui fut longtemps terre de convivialité. Tolède et Cordoue, par exemple, furent des jalons essentiels dans la translatio studiorum, par laquelle les héritages grecs transitèrent par Damas, Baghdad, et la Sicile de Frédéric II également. Le Verbe qui fait des merveilles est le récit d'une conversation à la fois transculturelle et transreligieuse qui mériterait donc d'être entendue en ces temps de choc des civilisations...

Trois hommes se rencontrent et entament une discussion, placée sous le signe de l'amitié, durant trois jours. Jean Reuchlin prend le masque de Capnion, qui représente le christianisme, Baruchias représente lui le judaïsme, et Sidonius est le « païen ». Arrêtons-nous sur ce dernier personnage. Comme son nom l'indique, il est originaire de Syrie, de la ville de Sidon. Il est donc phénicien. Ce proche-oriental se réclame de l'école d'Epicure, un courant de la pensée grecque. Pourtant, à un moment de la discussion, Baruchias déclare à Sidonius : « Dans le livre que les tiens ont intitulés Le Coran... ». Il est donc légitime de dire que notre phénicien représente une tradition gréco-islamique...

Hans van Kasteel expose les thèmes de la discussion et sa finalité dans l'esprit de Jean Reuchlin : « Le débat porte sur la notion de « science », sur les mots, noms ou paroles magiques, aux effets miraculeux, en particulier sur les mots hébreux sacrés, enfin sur les mystères du Verbe, de la Trinité, du Christ et du nom de Jésus. On trouvera dans le De Verbo mirifico un témoignage révélé, c’est-à-dire revoilé, de la scientia perennis, appuyé d’une connaissance précise des textes des philosophes grecs, de la littérature cabalistique juive, des commentaires des Pères, et bien sûr des Saintes Écritures. Reuchlin cherche avant tout à mettre en évidence, d’une manière qui force l’admiration, l’unité profonde qui se dégage des différents types d’enseignements, d’écrits et d’écoles suscités par les Maîtres du savoir. On ne trouvera chez lui aucune trace de sectarisme, voire de christianisme faussement triomphateur. La vérité se trouve nécessairement partout où elle a été communiquée, quel qu’en soit le mode d’expression. »

On doit également à Hans van Kasteel la direction d'Oracles et prophétie, dont nous parlerons prochainement, et de Questions homériques, que nous avons déjà présentées (décembre 2013).

 

 

 

 

 

 

PRESENTATION DE L'OUVRAGE PAR LE TRADUCTEUR

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