• ÉDITIONS BEYA
  • volume n°25
  • 16 x 23
  • 393 pages
  • ISBN : 978-2-930729-10-7
  • couverture cartonnée cousue
  • Illustrations en couleur : 1
  • parution : mars 2019

Hippolyte de Rome

RÉFUTATION DE TOUTES LES HÉRÉSIES

Introduction, traduction et notes de Hans van Kasteel

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Les origines du christianisme sont encore mal connues, si ce n’est des historiens, du moins du grand public, y compris des chrétiens eux-mêmes. Deux raisons expliquent cette ignorance : la disparition de nombreux textes qui auraient pu mieux nous éclairer sur la question ; l’historiographie elle-même, longtemps tributaire d’une vision unilatérale héritée de l’Église, qui s’est imposée avec une telle force que souvent les incroyants et les adversaires de l’Église la partagent dans une certaine mesure. Les deux raisons sont bien sûr étroitement liées ; l’Histoire, on le sait, est rédigée et enseignée par les vainqueurs.

Ainsi nous savons qu’il existait aux premiers siècles de notre ère, parallèlement à ce que nous avons pris l’habitude d’appeler « la Grande Église », de nombreuses écoles chrétiennes, diverses mais parfois aussi manifestement liées entre elles, couramment qualifiées d’« hérésies » ou de « sectes ». L’emploi généralisé de ces deux termes en un sens quasi exclusivement négatif, est une belle illustration de la manière dont l’historiographie ecclésiastique s’est imposée même auprès de ceux qui se désintéressent de l’Église ou de son histoire.

« [Les] véritables gnostiques chassés de l’Église au IIIe siècle, c’est la principale clé perdue par elle […].

Il y a des saints plein l’Église, mais il n’y a plus un seul sage au sens de connaisseur et possesseur du secret de Dieu. »

 

Table des matières


Remerciements ............................................V
Avant-propos .......................................... VII
Introduction ........................................... IX

LIVRE I ................................................. 3
Contenu ................................................. 3
Préambule ............................................... 4
Thalès .................................................. 7
Pythagore ............................................... 7
Empédocle .............................................. 11
Héraclite ...............................................12
Anaximandre ............................................ 13
Anaximène .............................................. 14
Anaxagore .............................................. 15
Archélaos .............................................. 17
Parménide .............................................. 18
Leucippe ............................................... 18
Démocrite .............................................. 19
Xénophane .............................................. 19
Ecphante ............................................... 20
Hippon ................................................. 21
Socrate ................................................ 21
Platon ................................................. 21
Aristote ............................................... 26
Stoïciens : Zénon, Chrysippe............................ 28
Épicure................................................. 28
Académiciens : Pyrrhon ................................. 30
Brahmanes .............................................. 30
Druides ................................................ 32
Hésiode ................................................ 32
Conclusion ............................................. 33

LIVRE IV ............................................... 35
Astrologie ............................................. 35
Astronomie ............................................. 44
Arithmologie ........................................... 50
Prosopologie ........................................... 58
Magie .................................................. 62
Récapitulation des livres précéde....................... 75
Phénomènes d’ Aratus ................................... 80
Arithmétique et géométrie de Pythagore ................. 89

LIVRE V ................................................ 95
Contenu ................................................ 95
Les naassènes .......................................... 96
Les pérates ........................................... 135
Les séthiens........................................... 154
Justin ................................................ 165

LIVRE VI .............................................. 179
Contenu ............................................... 179
Simon ................................................. 180
Valentin .............................................. 197
Second, Héracléon, Ptolémée et autres valentiniens .... 224
Marc .................................................. 227

LIVRE VII ............................................. 253
Contenu ............................................... 253
Introduction .......................................... 254
Basilide .............................................. 255
Satornil et Ménandre .................................. 279
Marcion et Prépon ..................................... 280
Carpocrate .............................................292
Cérinthe ...............................................294
Les ébionites ......................................... 294
Théodote de Byzance ................................... 295
Cerdon et Lucien ...................................... 296
Apelle ................................................ 297

LIVRE VIII............................................. 299
Contenu ............................................... 299
Les docètes ........................................... 300
Monoïme ............................................... 309
Tatien ................................................ 315
Hermogène ............................................. 316
Les quartodécimains ................................... 317
Les phrygiens ou montanistes .......................... 318
Les encratites ........................................ 319

LIVRE IX .............................................. 321
Contenu ............................................... 321
Les noétiens .......................................... 322
Calliste .............................................. 329
Les elchasaïtes ....................................... 339
Les juifs ............................................. 344
Conclusion ............................................ 355

LIVRE X ............................................... 357
Contenu ............................................... 357
Introduction .......................................... 357
Résumé des philosophes grecs .......................... 358
Résumé des hérésies.................................... 361
Antériorité des patriarches ........................... 379
La vraie doctrine ..................................... 382
Conclusion ............................................ 388

Recension(s)

 

PRÉSENTATION DE L’OUVRAGE : Hippolyte de Rome, Réfutation de toutes les hérésies, DANS LA REVUE L’INITIATION, N° II DE L’ANNÉE 2020, p. 149.

 

Hippolyte de Rome, Réfutation de toutes les hérésies, traduction, introduction et notes de Hans van Kasteel, Grez-Doiceau, Editions Beya, 2019, 393 pages.

 

1. INTRODUCTION

En février 2019, les Editions Beya ont publié la première traduction intégrale en langue française de la Réfutation de toutes les hérésies, ouvrage rédigé par saint Hippolyte de Rome (170-235), considéré par certains comme l’un des premiers papes de la Chrétienté.

Il s’agit d’une recension critique de la doctrine de toutes les écoles chrétiennes connues au troisième siècle de notre ère ; écoles qui, en cette période de christianisme naissant, étaient nourries à la fois par leurs racines grecques et par les enseignements de leurs maîtres chrétiens.

Cet ouvrage encyclopédique nous informe sur les différentes écoles qui fleurissaient alors, et ce compris celle qui a donné naissance à la « Grande Église » que nous connaissons aujourd’hui, mais aussi sur leur lien avec le paganisme. Il présente en cela un intérêt majeur du point de vue historique, mais également du point de vue philosophique.

L’apport de cette nouvelle édition et de l’interprétation qui en est faite par Hans van Kasteel dans la compréhension de l’œuvre d’Hippolyte se situe à deux niveaux. D’une part, elle met en évidence l’unité de toutes ces doctrines, et d’autre part, elle propose une hypothèse totalement novatrice sur les intentions réelles d’Hippolyte.

Pour mémoire, l’ouvrage d’Hippolyte était à l’origine composé de dix livres, dont deux n’ont jamais été retrouvés.

- Le livre I présente un exposé synthétique de l’enseignement des philosophes grecs, de Thalès (6ème s. AC) à Épicure (3ème s. AC), avec une rapide incursion chez les brahmanes et chez les druides.

- Les livres II et III sont perdus, ils traitaient des mystères célébrés dans l’Antiquité.

- Le livre IV traite notamment d’astrologie, d’astronomie, de magie, d’arithmétique et de géométrie.

- Les livres V à IX contiennent la réfutation à proprement parler, avec un exposé unique de la doctrine de plus de trente écoles chrétiennes.

- Le livre X reprend un résumé de tout l’ouvrage et conclut ensuite par un exposé de la véritable doctrine chrétienne.

 

2. NOUVELLE EDITION

a. Traduction intégrale

Jusqu’à présent, l’unique traduction française de la Réfutation était celle de A. Siouville[1], publiée en 1928 et rééditée en 1991 par les éditions Archè[2]. Cette traduction était lacunaire en ce qu’elle ne présentait qu’un bref résumé des livres I, IV et X.

Parmi les passages inédits en langue française que contient la nouvelle traduction proposée par les Editions Beya, le lecteur découvrira notamment, dans le livre IV, une interprétation chrétienne des constellations célestes.

 

b. Notes originales

Par de nombreuses références à Homère ainsi qu’à l’ouvrage Etymologicon magnum, le traducteur, Hans van Kasteel, signale les parallèles entre les étymologies proposées par Hippolyte et la science étymologique traditionnelle.

Ses notes explicatives guident le lecteur dans les passages les plus denses, grâce à de multiples références à l’Ancien et au Nouveau Testaments.

Parmi les citations ajoutées par le traducteur, le lecteur redécouvrira plusieurs extraits du Florilège épistolaire de Louis Cattiaux.

Cette nouvelle traduction est augmentée de nombreuses références à la tradition hébraïque, qui semble être la source de l’enseignement de certaines sectes, tels les Naassènes (p. 96 et s.).

Hans van Kasteel fait précéder sa traduction d’une riche introduction, permettant au lecteur de se plonger dans ce contexte polémique de réfutation, opposant détenteurs de la Vraie Science et organisateurs politiques. On peut cependant regretter qu’il n’ait pas clairement exposé son avis personnel, ayant préféré demeurer totalement neutre, refusant de prendre parti autrement que par l’énumération de faits objectifs.

 

c. Structure du texte

Le confort de lecture est considérablement augmenté par l’ajout de chapitres et d’alinéas qui structurent le texte original d’Hippolyte.

Signalons également, çà et là, quelques coquilles qui subsistent malheureusement.

 

3. L’OEUVRE D’HIPPOLYTE DE ROME

a. Intérêt historique

Le texte de la Réfutation de toutes les hérésies témoigne du fait que, au cours des premiers siècles de notre ère, de nombreuses sectes chrétiennes ayant le même fondement ont coexisté, jusqu’à ce que l’une d’entre elles l’emporte sur toutes les autres et fonde la « Grande Église ».

Confirmant l’intérêt historique de l’ouvrage, Hans van Kasteel rappelle en introduction (p. IX) que le mot grec a†resij, rendu en français par « hérésie », signifie « choix », en particulier le choix d’une doctrine ou d’une école à laquelle on préfère adhérer, d’où aussi le sens d’école. Il rappelle également que le mot « secte » a pour origine le verbe latin sequi, signifiant « suivre », sans aucune connotation péjorative.

Selon Hans van Kasteel, les débuts du christianisme sont méconnus, et cela pour deux raisons : la première est la rareté des sources, et la seconde est la vision subjective de l’histoire européenne, dominée pendant vingt siècles par l’Église, qui a dû occulter ses concurrents pour s’imposer.

Mais l’intérêt de l’œuvre d’Hippolyte ne se limite pas au simple niveau historique, nous suggère Hans van Kasteel. L’œuvre d’Hippolyte aurait une valeur philosophique.

 

b. Valeur philosophique

La Réfutation de toutes les hérésies présente un résumé de la doctrine de plus de trente écoles chrétiennes, qui sont toutes, à quelques exceptions près, qualifiées de gnostiques. Le lecteur patient y découvrira des extraits d’une rare densité et d’une remarquable profondeur.

La question que ne manquera pas de se poser le lecteur curieux est celle de savoir si l’enseignement de toutes ces écoles, dont il se dégage une étonnante unité, a un fondement unique et réel.

Hans van Kasteel figure parmi ces lecteurs. En guise de réponse il propose une méthode de lecture de l’ouvrage (pp. XVII à XIX).

Il conseille de commencer par poser les postulats théoriques suivants :

- Considérer la possibilité qu’il existe une gnose, c’est-à-dire une connaissance unique et inspirée par Dieu, qui a souvent été décriée par ceux qui ne la possédaient pas.

- Considérer ensuite que s’il existe une gnose, elle est nécessairement la base de toute véritable tradition religieuse ou philosophique.

Il conseille ensuite, ces postulats admis comme théoriquement possibles, d’étudier l’œuvre de réfutation d’Hippolyte en faisant « le tri entre ce qui est purement doctrinal et les allégations secondaires, ironiques, désobligeantes, polémiques ou caricaturales ».

 

c. Motivation réelle d’Hippolyte

Hans van Kasteel fait une constatation qu’il nous livre dans son introduction : tout au long de son ouvrage, Hippolyte s’engage formellement à réfuter les doctrines, mais ne passe jamais à l’acte.

Hippolyte procède de manière identique pour chaque école :

- Dans un premier temps il expose la doctrine païenne à laquelle l’école se rattache et où elle puise la source de son enseignement.

- Ensuite il décrit en détail l’enseignement de cette école.

- Enfin, lorsque vient l’étape de la réfutation, il souligne le lien de filiation entre la tradition païenne et l’école chrétienne en question et affirme que cette filiation est en soi une réfutation.

Hans van Kasteel se pose une question : quel était le véritable objectif d’Hippolyte en se faisant si faible réfutateur ?

Il suggère au lecteur que si l’objectif d’Hippolyte avait été de sauver de l’oubli l’enseignement des premières sectes chrétiennes, il n’aurait probablement pas procédé autrement.

[1] Pseudonyme de Joseph Turmel, prêtre catholique français, qui fut excommunié.

[2] Hippolyte de Rome, Philosophumena ou la Réfutation de toutes les hérésies, traduction, introduction et notes par A. Siouville, Rieder, Paris, 1928 ; Archè, Milan, 1988 et 1991.

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